Inserm: Déclaration intersyndicale au CSAE du 23 juin 2026

Déclaration SIFAC +

Dans l’article de AEF intitulé « Sifac+ : un déploiement sous tension du logiciel de gestion financière dans les organismes de recherche », Le DGDA de l’Inserm, Damien Rousset dit : « repartir sur un logiciel à façon, c’était compliqué et très cher ». Le déploiement de Sifac+, appuyé par une « vingtaine d’agents » sans compter les prestataires mobilisés ponctuellement, coûte à l’Inserm « quelques millions d’euros ». Mais quel est réellement le gain pour l’Inserm ? Dans ce coût, prenez-vous en compte celui des arrêts de travail lié aux Risques psycho-sociaux (RPS) induits par ce déploiement ?

Les représentants des personnels de la F3SCT ont pointé ces RPS et déposé un avis qui pour demander un audit de la situation en juin 2025. En effet, sur le terrain la quasi-totalité   du personnel a été impacté : retards dans la formation, manque de communication, complexification des tâches due aux nouveaux outils incomplets, etc. et plus encore au niveau des gestionnaires qui ont subi et subissent encore une forte augmentation de leur charge de travail. 

Cependant, auprès d’AEF info, Mr Damien Rousset reconnaît une situation de crise en 2025, prétend que celle-ci est désormais passée.

En effet, aujourd’hui côté achat, le « punch out » n’est toujours pas opérationnel. Ce système qui simplifiait grandement le travail des gestionnaires en permettant d’accéder directement au catalogue d’un fournisseur référencé, puis de rapatrier son panier dans le logiciel pour générer automatiquement la commande de matériels pour les laboratoires. C’est un gros recul et une complexification du travail.

Le suivi des contrats est encore insuffisant et demande un travail énorme aux gestionnaires des ressources en délégation mais aussi aux gestionnaires en unité. Peut-on être certain qu’aucun euro ne sera perdu par les chercheurs sur leurs financements qui constituent l’essentiel des budgets de recherche ?


Des insuffisances importantes de l’outil existent toujours.

Et obligent l’Inserm à développer une solution maison pour la restitution et le suivi des contrats de recherche à partir des données de Sifac+, nous tenons à saluer le travail de la DSI pour cette solution

Les gestionnaires s’inquiètent d’être les boucs émissaires, s’il y a des erreurs de dépenses au niveau des lignes budgétaires dans Sifac+. Que se passera-t-il lorsque le financeur d’un projet exigera des remboursements pour non suivi des dépenses actées dans ce projet parce que la ligne mission est englobée dans la ligne fonctionnement par exemple ?

Le système Sifac+ fonctionne à l’Inserm grâce à du bricolage palliatif et la bonne volonté des personnels. Les gestionnaire se débrouillent pour s’entre-aider, c’est inadmissible !!!

Sifac + a été conçu spécifiquement pour les universités. Il est inadapté au fonctionnement des organismes de recherche et au financement de la recherche par des appels à projets, type de financement majoritaire aujourd’hui et imposé par les gouvernements successifs depuis plus de 20 ans.

Le rattrapage des conséquences désastreuses de cette application pour l’année 2025 mettra encore du temps notamment sur la partie recettes ?

Mais cela prendra combien de temps pour rétablir un climat de travail serein et en confiance pour les gestionnaires en unité et en délégation qui sont épuisés ?

Force est de constater que le déploiement à marche forcée de Sifac+, imposé par le ministère, sous prétexte de simplification, est juste une catastrophe pour notre organisme.

Si la question du pilotage financier de la recherche demeure centrale pour le gouvernement à des fins d’économie, il n’est pas acceptable pour cela de déstabiliser un organisme national comme l’Inserm, ni de sacrifier la santé de ses personnels.

C’est pourquoi nous demandons un suivi du plan d’action voté en F3SCT en décembre dernier suite à l’expertise demandée par le F3SCT : Nous réitérons notre demande, de mise en place de comités d’utilisateurs, ainsi qu’un état des frais occasionnés par ce déploiement tels que les intérêts moratoires, qui ont été payés par l’Inserm, les frais pour renforcer les équipes, les frais de développement de modules spécifiques non prévus dans le logiciel de base …

De notre point de vue, non la crise n’est toujours pas derrière nous !