Intégration de l’IRD dans le CNRS – Encore une fois le dialogue social mis à mal !
C’est désormais confirmé, le projet d’intégration à brève échéance de l’IRD au CNRS est en cours de finalisation, sans le moindre dialogue social. Pour la CFDT, c’est inacceptable !
La CFDT recherche EPST comme la fédération CFDT Éducation Formation Recherche Publiques s’associe au STREM-CFDT, syndicat majoritaire à l‘IRD, pour dénoncer le projet de fusion entre l’IRD et le CNRS, qui menace l’existence d’un établissement public de recherche unique par ses missions, son expertise scientifique et son modèle de partenariat avec les pays du Sud.
L’IRD n’est pas une simple structure administrative. Il porte depuis plus de 80 ans une politique scientifique originale, fondée sur la recherche en partenariat, la co-construction des connaissances et la contribution aux grands enjeux du développement durable. La disparition de cet établissement constituerait une perte majeure pour la recherche publique française et pour la coopération scientifique internationale.
Nous dénonçons une absence totale de dialogue social qui est inacceptable : Les deux ministres de tutelle (Enseignement supérieur et recherche et, affaires étrangères) ont officiellement engagé le rapprochement de l’IRD et du CNRS, avec une première étape dès le 1ᵉʳ janvier 2027, laissant moins de six mois, dont une large partie en période estivale, pour conduire une réforme aux conséquences considérables sur les personnels, les missions, l’organisation et les partenariats internationaux de l’IRD mais aussi du CNRS. L’ancien PDG du Cirad, Michel Eddi, est chargé d’une mission de préfiguration, avec des conclusions définitives au 1ᵉʳ mars 2027 et une première étape du rapprochement dès le 1ᵉʳ janvier 2027. La lettre de mission que les PDG de l’IRD et du CNRS ont reçue évoque la gouvernance, le modèle économique et jusqu’au devenir de la « marque IRD » du futur ensemble. Le dialogue social, lui, n’y est envisagé qu’une fois le cadre arbitré !
Mené au pas de charge, sans aucune concertation, ce projet aura des conséquences immenses pour l’IRD, mais aussi des effets d’envergure pour le CNRS, sur son organisation et ses personnels !
Au-delà du fond, la méthode employée est aussi arbitraire que méprisante. À ce jour, un projet d’une telle ampleur n’a fait l’objet d’aucune information ni d’aucune consultation des instances représentatives des personnels de l’IRD. Le CSA de l’établissement n’a jamais été saisi.
Plus grave encore, les instances nationales compétentes n’ont pas davantage été associées. Ni le CSA ministériel de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ni le CNESER n’ont été informés ou consultés sur un projet susceptible d’entraîner la disparition d’un organisme national de recherche de plus de 2 300 agents.
Pour le CNRS … jusqu’à aujourd’hui rien d’officiel, donc aucun échange possible.
La CFDT demande que ce processus soit suspendu, que les lettres de mission et les scénarios étudiés soient rendus publics, et qu’un véritable dialogue social soit engagé dès maintenant, à l’IRD, au CNRS et dans les instances ministérielles. Une réforme d’une telle portée ne peut être conduite dans l’urgence en quelques mois à peine (dont une large partie en période estivale) et ne peut être ni construite, ni décidée, sans les personnels et leurs représentants.
La CFDT se mobilise à l’IRD depuis le début du mois de juillet : Vous pouvez retrouver ici le communiqué de la CFDT en date du 20 juillet dernier : https://www.sgen-cfdt.fr/actu/projet-de-fusion-entre-lird-et-le-cnrs-inacceptable-sur-le-fond-comme-sur-la-methode/
