« Un commun accord » : remettre le climat et la recherche au cœur du débat

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Jean-Marc Jancovici lance une initiative citoyenne baptisée « Un commun accord ». Son objectif : faire émerger, à partir d’une assemblée de 150 citoyens tirés au sort, des propositions sur les grands choix auxquels la France sera confrontée dans les prochaines années. Une démarche qui entend replacer les enjeux climatiques, économiques, sociaux et démocratiques au cœur du débat public.

L’initiative est annoncée après un été 2026 marqué par des épisodes de chaleur, des sécheresses et des incendies particulièrement importants. Le contexte est révélateur : alors que les conséquences du dérèglement climatique deviennent de plus en plus concrètes, le risque demeure que la question climatique soit reléguée au second plan dans la campagne présidentielle. C’est précisément ce que Jean-Marc Jancovici entend éviter, en créant un espace de discussion collective autour des « grands dilemmes » auxquels la société française est confrontée.

Une initiative citoyenne qui pose une question essentielle : comment décider collectivement ?

« Un commun accord » prévoit de réunir 150 personnes tirées au sort par Toluna Harris Interactive. Elles se retrouveront pendant six week-ends, de septembre 2026 à février 2027, au Conservatoire national des arts et métiers. Les premiers temps seront consacrés à l’information et à l’audition d’experts, avant des phases de réflexion et de délibération collective. Les conclusions doivent ensuite être rendues publiques et proposées au débat des candidats à l’élection présidentielle.

La démarche se veut indépendante et non partisane. Elle présente également une différence importante avec une simple consultation d’opinion : il ne s’agit pas seulement de mesurer ce que pensent les citoyens, mais de leur donner le temps et les informations nécessaires pour délibérer collectivement sur des choix complexes.

Cette volonté de confronter les citoyens aux réalités scientifiques et aux arbitrages économiques et sociaux rejoint une conviction forte de la CFDT Recherche EPST : les choix de société ne peuvent être construits sans expertise, sans débat démocratique et sans associer celles et ceux qui font vivre les services publics et la recherche.

Une transition écologique juste

Le changement climatique transforme déjà nos conditions de vie et de travail. Les épisodes de fortes chaleurs, les sécheresses et les événements extrêmes posent des questions concrètes dans les laboratoires, les bureaux et les plateformes techniques.

La CFDT Recherche EPST revendique des mesures de protection adaptées, notamment la possibilité d’un troisième jour de télétravail lors des fortes chaleurs lorsque les missions le permettent. Nous demandons également une meilleure prise en charge des trajets domicile-travail et le développement des mobilités durables.

La transition écologique ne peut pas reposer sur les seuls efforts individuels des agents. Elle doit être accompagnée par les employeurs publics, financée et construite dans le dialogue social.

Donner à la recherche les moyens d’agir

C’est probablement sur ce point que l’initiative « Un commun accord » rejoint le plus directement les combats de la CFDT Recherche EPST.

La recherche publique est indispensable pour comprendre les évolutions du climat, anticiper leurs conséquences et construire des solutions dans les domaines de l’énergie, des mobilités, de la biodiversité, de la santé et des ressources.

Elle doit donc être considérée comme une infrastructure essentielle de la transition écologique.

Cela suppose des financements récurrents, des emplois pérennes et une réduction de la précarité. On ne peut pas demander à la recherche de répondre à l’urgence climatique tout en multipliant les appels à projets, la précarité et la charge administrative.

Donner des moyens à la recherche, c’est donner à la société les moyens de comprendre et de choisir son avenir.

Associer les personnels aux décisions

« Un commun accord » pose enfin une question qui concerne directement le monde du travail : qui participe aux décisions lorsque les transformations bouleversent les activités et les conditions de travail ?

Les transformations de nos établissements, de nos métiers et de nos conditions de travail ne peuvent pas être décidées uniquement d’en haut. Les personnels doivent être informés, consultés et associés.

On ne transformera pas durablement la recherche sans celles et ceux qui la font vivre.

À l’approche de 2027, la CFDT Recherche EPST continuera de porter une transition écologique ambitieuse et socialement juste, une recherche publique dotée de moyens à la hauteur de ses missions et un dialogue social permettant aux agents de participer aux choix 

Soutenir « Un commun accord », c’est affirmer que la transition écologique ne peut pas se décider sans celles et ceux qui produisent les connaissances qui permettent de la comprendre. Dans les EPST, nous voyons déjà le dérèglement climatique modifier nos pratiques, nos conditions de travail et les attentes dirigées vers la recherche publique. Il est primordial de replacer le climat et la science au centre du débat national, et les élections présidentielles de 2027 nous en donnent l’occasion : il faut la saisir ! Pour notre syndicat, c’est défendre une transition juste, appuyée sur l’expertise, des moyens pérennes et un vrai dialogue social. C’est aussi rappeler que l’avenir de notre planète ne peut pas se construire sans les personnels qui font vivre la recherche au quotidien.