2 – UN ENVIRONNEMENT DE RECHERCHE SÉCURISÉ, ÉGALITAIRE, INCLUSIF ET QUI ACCOMPAGNE LES PARENTALITÉS

Une recherche de qualité ne peut raisonnablement pas se passer de la moitié des intelligences de l’humanité.
La présence de femmes dans les équipes scientifiques a un impact fort sur les études réalisées au bénéfice de toutes et tous (thématiques oubliées, cohortes non mixtes de tests, biais sur les données). Les femmes sont sous représentées dans les postes à responsabilité, les carrières scientifiques et certaines filières de la recherche, nous devons relever ces défis.
ENJEUX D’ATTRACTIVITÉ
La déconstruction des stéréotypes de genre doit favoriser la légitimation des filles dans leurs relations aux sciences tout au long du cursus scolaire. Cette ambition doit être intégrée dans les politiques éducatives nationales en adaptant l’environnement et les méthodes d’enseignement. Par exemple des visites de laboratoire en non mixité pour libérer la parole des filles. L’accroissement de la visibilité des femmes de sciences inspire les filles et influence également les représentations sociales.
Le développement de dispositifs favorisant l’inclusion et la formation des femmes dans les filières scientifiques est primordial. Les organismes de recherche et l’ensemble de leurs personnels doivent y participer activement.
RECRUTEMENT ET ACCOMPAGNEMENT DES CARRIÈRES
La mise en place d’objectifs et de moyens ambitieux en matière de féminisation des métiers (y compris des quotas temporaires pour rééquilibrer les choses) doivent permettre de favoriser les recrutements,les promotions et les nominations aux postes d’encadrement et de gouvernance (équipe, laboratoire, directions,etc.).
La mixité proportionnelle dans les comités de sélection, d’organisation et le choix des conférencier.es des colloques, conférences, etc. organisé·es ou soutenu·es financièrement par les EPST doivent devenir une réalité.
L’obligation de sensibilisation et de formation des jurys, experts,personnes qui écrivent des lettres de recommandation et managers doivent permettre d’éliminer les biais d’évaluation genrés.
Une évaluation basée sur des critères qualitatifs et pas exclusivement quantitatifs mettra plus équitablement en valeur l’activité des femmes.
Enfin, la publication périodique d’un rapport sur la féminisation des établissements doit permettre de suivre les effets des politiques mises en œuvre, en particulier en matière salariale et indemnitaire.
A noter que la présence de femmes scientifiques titulaires dans les équipes de recherche favorise le recrutement d’autres femmes.
SANTÉ DES FEMMES, ACCOMPAGNEMENT DE LA PARENTALITÉ ET DE L’ACCUEIL DE L’ENFANT
L’octroi d’un congé menstruel doit permettre une meilleure prise en charge la santé des femmes tout au long de la vie.
La mise en place de dispositifs de prise en charge de la maternité et de toutes les parentalités est nécessaire pour que l’arrivée d’un enfant n’ait pas d’impact sur la carrière : facilitation des parcours de procréation,ouverture de crèches d’établissements, congé de paternité et d’accueil de l’enfant porté à 2 mois. Le congé parental doit être partagé de façon équivalente entre les 2 parent·es.
Les aménagements d’horaires pour les parents de jeunes enfants doivent être facilités avec une annualisation possible du temps de travail.
L’alignement de la prise en compte des maternités et des adoptions sur le régime du privé pour le calcul de la retraite afin de garantir un égal traitement des salarié.es dans des situations similaires.
La modification du supplément familial doit garantir un même montant quel que soit l’indice du parent fonctionnaire, en l’ajustant sur le montant le plus élevé et en revalorisant le supplément familial pour un seul enfant.
LUTTE CONTRE LES VSS ET LES DISCRIMINATIONS SEXISTES POUR UN ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL SÉCURISÉ
Des formations obligatoires à la lutte contre les VSS pour les managers et responsables hiérarchiques permettent d’améliorer la prise de conscience.
Une attention particulière doit être portée aux risques de VSS lors des missions de terrain et dans les environnements de travail isolés.
Les responsables doivent être formés à un management égalitaire entre les femmes et les hommes.
Il est impératif de prévenir et de combattre les attitudes paternalistes ou familières déplacées, voire inappropriées que l’on observe parfois.
Le harcèlement d’ambiance doit être identifié et il doit y être mis un terme.
Tous les personnels doivent être sensibilisés aux questions de lutte contre les VSS, avec un point de vigilance particulier pour l’accueil des personnes trans : l’adoption d’une charte d’inclusion des personnes LGBTQIA+ doit être un objectif prioritaire pour tous les organismes de recherche.
L’employeur doit remplir ses obligations en matière de protection et d’accompagnement des victimes. L’application de sanctions disciplinaires8 proportionnées aux méconduites constatées doit être la règle : un suivi des mesures de protection mises en œuvre et de l’application des sanctions doit être réalisé.
