10 – SCIENCE EN SOCIÉTÉ : PARTAGER LES SAVOIRS, PARTAGER LES CHOIX

Climat, santé, énergie, alimentation, intelligence artificielle : jamais les choix scientifiques et technologiques n’ont autant façonné nos vies. Et pourtant, les grandes orientations de la recherche restent encore trop souvent décidées loin des citoyens, entre administrations, agences de financement, intérêts industriels et arbitrages politiques. Pour la CFDT Recherche EPST, la science est un bien commun. Elle doit donc être ouverte à la société, discutée avec elle et protégée de toutes les formes d’instrumentalisation.

UNE SCIENCE RÉELLEMENT OUVERTE SUR LA SOCIÉTÉ
Informer ne suffit pas.Faire de la médiation scientifique, expliquer les résultats, lutter contre les infox : oui. Mais mettre la science en société, c’est aussi permettre la confrontation entre connaissances scientifiques, savoirs professionnels, expériences citoyennes et choix politiques.Notre syndicat propose de développer les tiers-lieux de débat, les dispositifs de contre-expertise, les recherches participatives et les collaborations avec les associations, les collectivités et le tiers-secteur de la recherche.Car choisir ce que l’on finance aujourd’hui, c’est déjà choisir une partie du monde de demain.Lorsque certains secteurs technologiques concentrent les investissements tandis que l’agroécologie, les low-techs, la santé environnementale ou l’étude des pollutions restent insuffisamment soutenues, il ne s’agit pas seulement de budget. Il s’agit de choix de société.

CONTRE UNE SCIENCE DÉCIDÉE SANS LA SOCIÉTÉ 
Les grandes orientations scientifiques ne peuvent être réservées aux seuls gouvernements, administrations, agences de financement ou intérêts industriels.Notre syndicat ne veut pas d’une recherche orientée uniquement par les priorités économiques ou politiques du moment.Les citoyens doivent pouvoir débattre des grandes orientations qui engagent leur avenir.Cela ne signifie pas qu’ils doivent décider de chaque programme de recherche, mais qu’ils doivent pouvoir comprendre les choix, les contester et proposer d’autres priorités.

DES CONVENTIONS CITOYENNES… SOUS CONDITIONS 
Les conventions citoyennes peuvent constituer un outil intéressant de démocratie scientifique.Des citoyens tirés au sort, correctement formés et confrontés à des expertises contradictoires sont capables de travailler sur des sujets complexes. Mais le tirage au sort ne suffit pas.Qui pose la question ? Qui choisit les experts ? Qui sélectionne les informations ? Qui organise le contradictoire ? Et surtout : que deviennent les conclusions ?Notre syndicat propose des conventions citoyennes réellement indépendantes, disposant de temps, de moyens, d’une pluralité d’expertises, d’un accès aux données et d’une transparence totale sur les conflits d’intérêts.

NON A LA DÉMOCRATIE DÉCORATIVE
Une convention citoyenne peut être un formidable outil de participation. Elle peut aussi devenir un décor.On consulte. On photographie. On remercie. Puis on décide comme prévu.Notre syndicat est contre l’utilisation comme caution politique des participations citoyennes.Le pouvoir politique doit rester libre de décider, mais il doit être tenu d’expliquer publiquement ce qu’il retient, ce qu’il refuse et pourquoi.Consulter pour décider ensuite de faire exactement comme avant, ce n’est pas partager le pouvoir. C’est communiquer et s’inscrire dans un régime oligarchique.

PROTÉGER AUSSI LA LIBERTÉ SCIENTIFIQUE
Démocratiser la science ne signifie pas soumettre chaque recherche à l’opinion du moment.La recherche fondamentale doit conserver le droit d’explorer ce dont personne ne connaît encore l’utilité.Notre syndicat s’oppose à une science commandée par le marché ou par les sondages.La société doit pouvoir discuter des grandes orientations sans dicter les résultats, les méthodes ou les objets de chaque laboratoire.

PARTAGER LES SAVOIRS… ET DONC UNE PART DU POUVOIR