Création d’une autorité indépendante pour la défense de la Santé

Une tribune publiée le 4 septembre 2026 par de grands noms de la recherche médicale dans Le Monde dénonce un paradoxe : l’État adopte des lois et des politiques publiques susceptibles de dégrader la santé des populations et des écosystèmes, alors même que les risques sont connus. La loi sur les PFAS en offre un exemple frappant, avec son exception pour les ustensiles de cuisine antiadhésifs que le ministère de la Santé recommandera pourtant, un an plus tard, de ne plus utiliser. De même, le Conseil constitutionnel a validé la réintroduction dérogatoire des néonicotinoïdes tout en actant leur dangerosité.

Ce paradoxe révèle une défaillance structurelle : les connaissances scientifiques pèsent trop peu face aux intérêts économiques de court terme et aux calculs politiques. Résultat, une exposition cumulée à des substances dangereuses (perturbateurs endocriniens, PFAS, pesticides, métaux lourds) qui alimente les maladies chroniques, creuse les inégalités sociales de santé, et représente aussi un coût économique considérable pour les finances publiques.

La tribune constate un vide institutionnel : ni le ministère de la Santé, ni les agences sanitaires, ni le Conseil constitutionnel ne peuvent jouer un rôle de contre-pouvoir systématique en faveur de la santé publique.

La proposition est donc la création d’un « Défenseur de la santé », autorité indépendante inspirée du Défenseur des droits, chargée d’évaluer l’impact sanitaire et environnemental des lois avant leur adoption. Doté d’un vrai pouvoir procédural — suspension d’un texte, contre-expertise, saisine du Conseil constitutionnel — il ne se limiterait pas à un rôle consultatif. Les auteurs appellent à protéger institutionnellement la santé, comme le sont déjà les libertés ou les finances publiques.

La CFDT Recherche EPST soutient cette initiative et la relaie largement.

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