8 – POUR UNE RECHERCHE PUBLIQUE QUI PROTÈGE CELLES ET CEUX QUI LA FONT VIVRE

La recherche publique évolue. Réorganisations, contraintes budgétaires, transition écologique, développement de l’intelligence artificielle : les transformations sont nombreuses et touchent directement les métiers, les collectifs et les conditions de travail.
Pour la CFDT Recherche EPST, ces évolutions ne peuvent pas être décidées sans l’ensemble des personnels, titulaires comme contractuel·les. Celles et ceux qui font vivre la recherche au quotidien doivent pouvoir participer aux décisions qui transforment leur travail.
Nous demandons donc que ces évolutions soient pleinement prises en compte dans le dialogue social.
Pour cela, nous nous engageons à :
- Défendre la santé, la sécurité et la qualité de vie au travail ;
- Agir sur les causes des risques psychosociaux et promouvoir un management respectueux ;
- Garantir des conditions de travail équitables pour toutes et tous ;
- Préserver les collectifs de travail et les moyens nécessaires pour bien faire son métier ;
- Adapter les bâtiments aux enjeux climatiques et protéger les agents ;
- Défendre la transparence, l’équité et les garanties collectives dans la gestion des carrières ;
- Renforcer la représentation des personnels dans les promotions, les mobilités et les parcours professionnels ;
- Anticiper les transformations des métiers, notamment celles liées à l’intelligence artificielle ;
- Renforcer la démocratie professionnelle et donner aux agents une réelle capacité d’agir sur leur travail.
SANTÉ, CONDITIONS DE TRAVAIL ET PRÉVENTION DES RISQUES
Les risques psychosociaux ne sont pas une faiblesse individuelle. Ils peuvent révéler des difficultés dans l’organisation du travail : augmentation de la charge, manque de moyens, réorganisations successives, perte de sens ou manque de reconnaissance. La parole des agents doit être entendue, les situations signalées prises au sérieux et les solutions suivies dans le temps.Prévenir les risques, c’est d’abord agir sur leurs causes et améliorer l’organisation du travail.Les établissements doivent se doter de véritables dispositifs d’écoute et de prévention, avec des interlocuteurs formés et des moyens suffisants pour la médecine du travail, les services sociaux et les acteurs de la prévention.Faire son métier dans de bonnes conditions doit être un droit pour toutes et tous.
UN MANAGEMENT FONDÉ SUR LA CONFIANCE
Manager dans la recherche publique ne peut pas se résumer à suivre des indicateurs et à demander toujours plus de performance avec toujours moins de moyens.À l’inverse du micromanagement, encadrer une équipe, c’est donner une direction, faire confiance, reconnaître les compétences, favoriser la coopération et permettre à chacun de travailler dans de bonnes conditions.Notre syndicat défend un management fondé sur la confiance, l’autonomie et l’émancipation. Les encadrants doivent être formés, accompagnés et reconnus dans leurs missions.Le management doit aider les équipes à mieux travailler ensemble, et non servir à mettre la pression.
ADAPTER LES BÂTIMENTS AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Les fortes chaleurs, les événements climatiques extrêmes, la qualité de l’air et l’état des bâtiments ont des conséquences directes sur la santé des personnels et sur la continuité des activités scientifiques.Les serveurs informatiques et/ou les animaux sont aujourd’hui souvent mieux traités que les personnels.Nous demandons des plans d’adaptation des bâtiments : isolation, ventilation, protection contre les fortes chaleurs et amélioration de la qualité de l’air.Les personnels et leurs représentants doivent être associés aux projets immobiliers dès leur conception.Des locaux adaptés, sains et supportables doivent être un droit et non un privilège.
DES CONDITIONS DE TRAVAIL ÉQUITABLES
Les agents des EPST ne travaillent pas tous dans les mêmes conditions. Statuts, métiers, précarité, inégalités entre les femmes et les hommes, discriminations, handicap, violences ou harcèlement peuvent avoir des conséquences durables sur les parcours professionnels.La précarité fragilise également les agents et les collectifs. L’enchaînement des contrats courts complique la construction de parcours professionnels stables et la transmission des compétences.Le télétravail doit lui aussi être organisé avec les personnels, afin de ne pas créer de nouvelles inégalités ou d’isoler certains agents.Notre syndicat défend des conditions de travail dignes et équitables, la lutte contre toutes les discriminations, l’égalité professionnelle et un meilleur accompagnement des personnes en situation de handicap ou à besoins particuliers.
TRANSFORMER LES UNITÉS DE TRAVAIL SANS DÉTRUIRE LES COLLECTIFS
Regroupements, déménagements, mutualisations et restructurations ne sont jamais de simples opérations administratives. Ils transforment les métiers, l’organisation du travail et les collectifs.Une réorganisation ne peut pas être jugée uniquement à l’aune du respect d’un calendrier ou d’un nouvel organigramme. Il faut mesurer ses conséquences sur les emplois, les missions, les mobilités, les moyens, les conditions de travail et les risques professionnels.Les agents connaissent leur travail. Ils savent ce qui fonctionne, ce qui pose problème et les conséquences concrètes des décisions prises dans leur laboratoire ou leur service. Ils doivent donc pouvoir participer en amont aux décisions qui concernent leur travail et leur avenir professionnel.Les transformations doivent préserver les compétences, les savoir-faire et les relations de confiance.Les services et les laboratoires, ce sont d’abord des femmes et des hommes, des compétences et des collectifs. Les préserver doit être une priorité.
GARANTIR UNE ÉVOLUTION PROFESSIONNELLE SUR DES CRITÈRES CLAIRS ET PARTAGÉS
La réforme de la fonction publique a profondément modifié les règles applicables aux personnels des EPST, notamment en matière de promotion et de mobilité des ingénieurs et techniciens. La suppression des prérogatives des CAP dans ces domaines a réduit la place des représentants des personnels dans des décisions qui ont pourtant un impact direct sur les carrières.Pour notre syndicat, la transparence, l’équité et le dialogue social doivent être au cœur de la gestion des carrières. Les agents doivent bénéficier de règles claires, de critères objectifs et de garanties collectives.Cette exigence est d’autant plus importante que les chercheurs bénéficient de dispositifs d’évaluation faisant intervenir leurs pairs.Les personnels ingénieurs et techniciens doivent eux aussi pouvoir bénéficier de garanties collectives et d’une véritable représentation dans les décisions relatives à leur parcours professionnel.
MAÎTRISER L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET ENCADRER SON USAGE
L’intelligence artificielle transforme déjà certaines activités de recherche et de support : codage, rédaction, analyse, documentation, gestion, ressources humaines ou traitement des données.Ces outils peuvent être utiles, mais ils auront aussi des conséquences sur les métiers, les compétences et l’organisation du travail.L’IA ne doit pas être abordée uniquement sous l’angle de la performance et de la productivité, ni devenir un outil d’intensification du travail, de surveillance accrue ou de suppression d’emplois sans réflexion sur les conséquences. Les agents doivent être associés aux choix, formés et accompagnés, tout en conservant la maîtrise de leur activité.Notre syndicat demande que les outils d’IA soient présentés, discutés, évalués et encadrés avec les agents et leurs représentants.
